Paroles d’Olivier L.

Nicole Clarence, Des Yeux au Cœur



A mes yeux, Nicole fut d’abord une dame élégante qui rendait visite régulièrement à ma grand-mère, Yvonne, avenue de Ségur. J’étais présent quelquefois car l’avenue de Ségur a constitué ma base parisienne de nombreuses années, même si, à l’époque, ma vie m’a emmenée de Montpellier à Luanda et à Fontainebleau. Nicole, avec une douce gentillesse, montrait un grand respect pour Mamie dont je n’ai compris la signification que plus tard.

Ce fut une leçon de dignité, en toute simplicité.

Puis, je découvre, petit à petit, que cette grande dame est célèbre et qu’elle a vécu une vie extraordinaire, émancipée et modèle : entre sa jeunesse courageuse et sa vie professionnelle internationale, je suis impressionné. Sans rien faire, elle m’apprend la modestie naturelle.

Et un jour, je saisis ce que Nicole représente pour les autres. Qui elle est, dans les yeux des autres : il s’agit du jour ou je suis invité à sa remise de Légion d’honneur en présence de Simone Weil. Une célébration à son image : simple, digne et modeste mais avec tant d’amour et de respect autour d’elle.

Quelques années plus tard, après avoir vécu loin, de l’autre côte de l’Atlantique, je reviens, marié et père de famille, à Paris ; je cherche à retrouver et croiser le chemin de Nicole. Bienvenu dans sa retraite de Villecerf pour partager odeurs, saveurs et peintures, mon admiration jamais oubliée et embellie par les années d’éloignement, se métamorphose alors en amour et profond respect.

Depuis ce temps, Nicole est et sera toujours pour moi une cousine que j’aimais et admirais.