Nicole Clarence 1922-2007

Nicole Clarence a, presque 18 ans, en juin 1940. Parisienne, elle fuit l’avance allemande et arrive à Nice en zone libre, avec ses parents et son frère Miki. Elle y poursuivra ses études et son activité de cheftaine au sein du mouvement Scout/Eclaireurs de France, d’abord à Nice puis à Marseille.

En 1942 Mic Grapin, responsable du mouvement éclaireur et membre actif du réseau Alliance de Marie Madeleine Fourcade transforme le mouvement en centrale de renseignements. Nicole fut chargée de nombreuses missions. L’arrestation de Mic Grapin mit fin à ces activités.

Participant aux stages d’Art dramatique organisés par Eugène Claudius Petit, un des responsables du mouvement Franc-Tireur elle est recrutée pour entrer dans le réseau.

En 1943, en Savoie, une rencontre entraîne Nicole Clarence dans de nouvelles aventures, le lieutenant Aranson, mari de Claudine Baumann, cherche un abri pour un radio et son poste émetteur du réseau « Cybèle ». Ses parents l’hébergent à Angon, petit village près de Talloires. Nicole y rencontre Yvette Baumann, très engagée avec son mari Jean-Guy Bernard dans le Mouvement Combat.

Elle devient agent de liaison entre Annecy, Grenoble et la région. Arrêtée une première fois après le couvre-feu par un agent de la Gestapo, dans une rue de Grenoble, il tente d’abuser d’elle. Elle a la présence d’esprit de se débarrasser du message qu’elle transporte. La même nuit, elle arrive à s’échapper, retrouve le message et réussit à le transmettre.

En plus de ses activités de résistante au sein du mouvement Franc-Tireur sous la direction de Jean-Pierre Levy avec Elie Péju, Avinin, Chabot (Georges Altman)., Nicole accepte de participer au réseau Buckmaster « Acolyte ». Transport d’armes, reconnaissance d’objectifs de sabotage, elle participe aussi à des parachutages dans la région de Roanne et de Saint-Etienne. Après l’arrestation et l’évasion du chef du réseau, Robert Lyon, elle lui fournit des faux papiers afin qu’il puisse reprendre ses activités.

Suspectée par la Gestapo et en danger, il est décidé de la transférer à Paris. Alors responsable du bureau national de Franc-Tireur, Nicole sous le nom d’« Annette » sera remplacée par une amie de scoutisme, « Miarka » en fait Denise Vernay qui deviendra responsable des liaisons sur le plan national.

En septembre 1943 elle part donc pour Paris et sous le pseudonyme de « Dominique » dirige, les agents de liaisons des Mouvements Unis de Résistance (M.U.R.) devenu Mouvement de Libération Nationale (M.L.N.), sous les ordres de Jacques Jourda, dit « Jacquemin ».

Nicole Clarence sera arrêtée le 4 août 1944, place de Breteuil, lors d’un rendez-vous piégé. Un agent de liaison du réseau, arrêtée puis « retournée » par la Gestapo, l’a dénoncée. Conduite à la Gestapo, rue de la Pompe, elle y subit de nombreux interrogatoires, résiste au supplice de la baignoire, aux brûlures de cigarettes et autres sévices. Incarcérée à Fresnes, le 10 août, elle sera déportée le 15 août 1944, vers Ravensbrück, dans le convoi qu’on appellera les « 57 000 ». Elle sera envoyée en Kommando à Schoenefeld près de Leipzig avec un groupe d’autres Françaises.

En avril 1945, lors de l’évacuation de ce kommando, elle s’échappe des marches de la mort avec huit camarades et rejoint les lignes américaines. Ce récit, raconté par l’une d’entre elles, a été publié aux Éditions Arlea sous le titre « Neuf jeunes filles qui ne voulaient pas mourir ». Nicole Clarence rentre à Paris le 21 mai 1945.

Journaliste, elle travaillera à l’agence MAGNUM comme Rédactrice en Chef, à Paris et New York, au journal ELLE avec Hélène Lazareff, y restera près de trente ans puis entrera à MADAME FIGARO avant de pouvoir, enfin, se consacrer à sa passion, la peinture.

Nicole Clarence est Officier de la Légion d’Honneur, titulaire de la Croix de guerre avec plusieurs citations, titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance, Médaille de la Résistance.

Toutes ces citations font l’éloge de son esprit d’initiative et de son courage.

Portfolio

Décorations remises à Nicole Clarence